Le Plaisir en Dieu
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Le plaisir en Dieu
Quelle place le plaisir occupe-t-il dans notre relation avec Dieu ?
Peut-on parler d'un « plaisir en Dieu » sans tomber dans une forme d'hédonisme spirituel centré sur soi ?
Le désir de Dieu révèle un manque, une faim intérieure. Mais le plaisir en Dieu est d'un autre ordre : il est déjà une participation à la plénitude que nous attendons encore.
Nous vivons ici-bas dans ce « déjà et pas encore » du Royaume. Un jour, lorsque Dieu lui-même sera pleinement présent parmi les siens, nous connaîtrons la joie parfaite et la plénitude absolue.
Déjà maintenant, Jésus nous invite : « Demeurez dans mon amour… afin que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jean 15). Paul, quant à lui, parle de cette paix de Dieu qui surpasse toute intelligence et garde nos cœurs et nos pensées en Jésus-Christ (Philippiens 4.7).
Bien avant nous, le psalmiste trouvait son plaisir dans la loi de l'Éternel (Ps 1.2), et Asaph pouvait déclarer : « Qui ai-je au ciel, sinon toi ? Et sur la terre je ne prends plaisir qu'en toi » (Ps 73.25). Plus loin, il ajoute : « Pour moi, m'approcher de Dieu, c'est mon bien » (Ps 73.28).
Oui, il existe un plaisir en Dieu. Mais ce plaisir n'est pas une quête de sensations spirituelles ; il est le fruit d'une relation vivante avec Celui que nous aimons.
Jésus nous a donné l'Esprit Saint, « un autre Consolateur » (Jean 14.16). Le mot grec Paraklétos évoque celui qui se tient auprès de nous (Para = à côté et Klétos = qui se tient) : consolateur, avocat, aide, soutien, conseiller.
L'Esprit Saint est donc notre compagnon intérieur , notre « premier accompagnateur spirituel » Il nous accompagne et nous fait parfois goûter aux consolations de Dieu.
Notre vie spirituelle n'est pas seulement affaire d'idées ou de devoirs. Nous sommes appelés à « goûter et voir combien l'Éternel est bon » (Ps 34.9). Il y a une dimension sensible dans la communion avec Dieu, non pas une sensibilité recherchée pour elle-même, mais celle qui naît de sa présence.
Les retraites spirituelles sont souvent des lieux privilégiés pour cela. Dans le silence, dans la méditation de la Parole, dans la prière et la relecture de vie, nous découvrons davantage qui est Dieu et nous nous réjouissons en Lui.
Il y a la joie de la méditation, car Dieu parle réellement. Il y a l'illumination des yeux du cœur (Éphésiens 1.18), lorsque certaines vérités deviennent soudain plus vivantes. Il y a la joie de la contemplation, celle d'une présence discrète mais réelle. Il y a aussi ces moments de paix profonde et de communion où le Seigneur visite intérieurement son enfant.
Ces instants sont des dons. Ils ne se provoquent pas. Nous ne pouvons ni les reproduire à volonté ni les retenir. Dieu demeure libre. Notre part est celle de la disponibilité et de la réceptivité.
Le plaisir spirituel entre souvent à pas feutrés dans le temple de notre cœur. Il ne s'impose pas ; il se reçoit. Nous ne devons pas le rechercher comme une gourmandise spirituelle, mais l'accueillir avec reconnaissance lorsqu'il nous est accordé.
Cette communion appelle un cœur vrai. Le Seigneur nous conduit dans un chemin de purification et de sainteté. Les obstacles du péché non reconnu ou non confessé viennent troubler notre relation avec Lui. Mais lorsque nous nous approchons avec sincérité, l'accès au trône de la grâce nous est ouvert (Hébreux 4.16 ; 10.22 ; Éphésiens 2.18).
L'Esprit Saint nous accompagne, Jésus nous ouvre le chemin, et nous entrons auprès du Père.
Notre recherche n'est pas celle du plaisir, mais celle de Dieu lui-même. Nous savons par la foi qu'il est présent, que nous ressentions quelque chose ou non. « Ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra » (Matthieu 6.6).
Et pourtant, quelle grâce lorsque le Seigneur nous accorde ses consolations ! Cette paix ineffable, qui dépasse toute compréhension, vient fortifier notre foi.
Que le Seigneur développe en nous une sensibilité spirituelle toujours plus enracinée dans la vérité et dans la sainteté. Qu'il nous apprenne à mieux l'accueillir, à mieux nous réjouir en Lui : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » (Philippiens 4.4).
Car nous sommes appelés à avancer dans la profondeur de sa Parole, dans la connaissance de sa personne et dans un attachement grandissant qui se traduit par l'obéissance et le service.
Le Seigneur veut ordonner nos vies, nous libérer de nos habitudes de péché, afin de nous faire entrer toujours plus profondément dans ce compagnonnage avec Lui.
N'oublions jamais que c'est Lui qui donne la vraie joie.
Dieu lui-même prend plaisir à la communion avec ses enfants.
Nous cherchons Dieu parce qu'il nous a cherchés le premier. Nous désirons sa présence parce qu'il désire notre compagnie.
Si nous trouvons notre joie en Lui, c'est parce que Lui-même se réjouit de ses enfants.
Le plaisir spirituel n'est donc pas d'abord l'expérience d'une âme tournée vers Dieu, mais la rencontre de deux désirs : celui du Père qui nous attend et celui de l'enfant qui revient vers Lui.
Nous ne cherchons pas les consolations plus que le Dieu des consolations.
Nous ne recherchons pas des émotions spirituelles, mais sa présence.
Et lorsque, dans sa liberté et sa bonté, le Seigneur nous accorde de goûter sa paix et sa joie, nous découvrons que le plus grand plaisir de l'âme est peut-être simplement celui-ci : être avec Lui et le savoir.
Olivier Bourgeois


