Le désir de Dieu : les 3 stades de notre attachement
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Et si, au plus profond de nous, existait un désir que rien sur cette terre ne puisse vraiment combler ?Un désir silencieux, parfois confus, mais profondément ancré : le désir de Dieu.
Cet article propose d’explorer ce chemin intérieur à travers trois étapes de l’attachement à Dieu, une progression qui transforme peu à peu notre regard, notre cœur… et notre vie.
Un désir inscrit au cœur de l’homme
Le philosophe L. Meynard définit le désir comme
« la tendance prenant conscience d’elle-même et de son objet ».
Autrement dit, le désir est une dynamique intérieure qui nous pousse vers quelque chose… ou vers quelqu’un.
Mais il existe en nous un paradoxe :nous portons un désir de Dieu sans toujours en avoir conscience.
Dans ce que l’on pourrait appeler notre « royaume intérieur inconscient », une aspiration profonde nous oriente vers Dieu.
Pourtant, lorsque ce désir n’est pas reconnu, il est souvent détourné vers des substituts.
Les faux remplissages : quand le cœur cherche ailleurs
Ne reconnaissant pas ce désir fondamental, nous tentons de le combler autrement : réussite, plaisir, reconnaissance, richesse…
Certains témoignages sont frappants.
L’acteur Jim Carrey a un jour déclaré :
« Je pense que tout le monde devrait devenir riche et célèbre pour réaliser que ce n’est pas la réponse. »
Bien avant lui, le roi Salomon avait fait la même expérience. Après avoir tout expérimenté, il conclut :
« Tout est vanité et poursuite du vent. »
Pourquoi ?Parce que rien de créé ne peut combler un désir qui est tourné vers l’infini.
Comme l’écrit Timothy Keller (reprenant Pascal) :
« Nous essayons de remplir ce vide en forme de Dieu avec toutes sortes de choses, mais seul Dieu peut le combler. »
Ce vide n’est pas un défaut.Il est une invitation.
Le réveil du désir : quand Dieu devient personnel
Pour celui qui découvre Dieu, ce désir commence à prendre forme.
Mais même dans la foi, il reste souvent partiel, en croissance.
La Bible nous donne plusieurs exemples de cette progression.
Moïse, par exemple, commence par agir selon ses propres forces.
Puis, après des années de désert, il apprend la dépendance.
Peu à peu, son cœur change… jusqu’à oser demander :
« Fais-moi voir ta gloire. »
Ce n’est plus une demande intéressée.C’est un désir pur : voir Dieu pour Dieu lui-même.
C’est là que naît l’adoration véritable.
L’adoration : aimer Dieu pour lui-même
Adorer, ce n’est pas seulement chanter ou prier.C’est se tenir en présence de Dieu, simplement pour être avec lui.
C’est une posture intérieure où :
Dieu devient central
notre cœur s’ouvre à sa beauté
notre désir se purifie
Peu à peu, une fascination naît. Une relation vivante. Un attachement profond.
Les 3 stades de l’attachement à Dieu
Cette progression du cœur est magnifiquement illustrée dans le Cantique des Cantiques à travers trois expressions d’amour.
1. « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui » (Cant 2 :16)
C’est le premier stade.
L’amour est réel, mais encore centré sur soi :
je me réjouis de ce que Dieu m’apporte
je goûte son amour
je me sens béni
Dieu est présent… mais il reste en second plan.
C’est une relation encore marquée par le besoin.
L’amour est possessif prioritairement.
Il est pour soi avant tout.
2. « Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » (Cant 6 :3)
Ici, quelque chose change.
Dieu passe en premier :
je veux lui appartenir
je cherche à lui plaire
mon regard se tourne vers lui
C’est le stade où le bien aimé est vu en priorité par rapport à soi-même.
Le bien aimé a pris la première place dans la relation.
L’amour est centré sur le bien aimé mais même s’il passe avant moi, il m’appartient aussi en second.
L’amour devient plus mature, mais conserve une dimension possessive.
3. « Je suis à mon bien-aimé, et ses désirs se portent vers moi » (Cant 7 :11)
C’est le stade le plus profond.
Ici :
Dieu occupe toute la place
je ne cherche plus à posséder son amour
je reçois simplement la grâce d’être aimé
Mon désir devient :être avec lui, sous son regard, en sa présence.
Il ne s’agit pas de disparaître, mais de se décentrer :
je vis son amour non plus comme une possession mais comme une grâce, celle d’être aimé de lui.
Je me sens « petit » mais « sous ses ailes ».
je ne suis plus au centre
Dieu devient « le tout-suffisant »
C’est l’entrée dans une vie d’adoration et de contemplation.
Grandir dans cet attachement
Comment savoir où nous en sommes ?
Une question simple peut nous aider :Quelle place Dieu occupe-t-il réellement dans ma relation avec lui ?
Suis-je attiré par ce qu’il me donne ?
Ou est-ce lui, sa personne qui m’attire ?
L’amour véritable se reconnaît à ceci :il nous fait sortir de nous-mêmes.
Comme l’expriment ces paroles :
« Il faut qu’il croisse et que je diminue »
« Mon esprit se réjouit en Dieu mon Sauveur »
Un chemin ouvert à tous
Ce chemin n’est pas réservé à quelques-uns.Il est proposé à chacun.
Nous sommes tous invités à passer :
du manque au désir
du désir à la relation
de la relation à l’adoration
Et à découvrir, peu à peu, que :
Dieu ne veut pas seulement répondre à nos besoins…Il veut être lui-même notre plus grand désir.
Et vous ?
Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre attachement à Dieu ?Premier, deuxième… ou troisième stade ?
Le chemin est ouvert.
Olivier Bourgeois


